Notre siècle

Je dois me reconnaître en ce siècle. Je ne vivrai pas dans un autre. Mais que dois-je faire de ma colère lorsque je me lève le matin ? Je cherche autour de moi de nouveaux bâtisseurs, une espérance sans guerre, très lente, qui ne sait pas bien où elle va. Ô mes frères humiliés, quand enterrerons-nous les beaux fantômes de notre vie ? Quand en aurons-nous vraiment assez de cette vieille soupe froide que l’on nous déverse chaque jour sur la tête ? J’entrevois chaque fois quelques silhouettes qui se lèvent au milieu des débris. Ce sont quelquefois des enfants. Tout va bien. Que grandissent leurs mains agiles et ferventes sur les chantiers abandonnés. Et pour que notre vie ait servi à quelque chose, qu’il leur reste encore un peu de notre mémoire.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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