Chanter tout bas

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Il faut chanter tout bas. Rien que pour ce quelque chose entre nous et les étoiles. Quelque chose qui descend de l’ossature invisible du temps. Quelque chose qui veille en nous comme un gardien de notre silence. Il faut chanter dans l’oreille de celui qui se tait. Sans en vouloir au bruit, sans chercher à habiter tout l’espace. Chanter comme on murmure devant une porte qui ne s’ouvrira jamais. Qui fait écho à une montagne qu’on a plus la force de franchir. Chanter tout bas pour se convaincre qu’on n’est pas tout à fait seul dans l’hiver qui s’éternise. Chanter comme on peindrait une chanson sans parole. Sur une falaise qui tarde un peu à s’effondrer. Chanter en se disant qu’il ne sera jamais trop tard quoi qu’il arrive.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz.

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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