Le départ

Je voyais les vivants mais je me reconnaissais dans d’autres merveilles, dans d’autres gestes inutiles. Des voyageurs attendaient sur le pont. J’avais enfin déposé ma vieille valise avec une certaine lassitude. Je n’avais besoin que de quelques jours d’absence. Quelques mots joyeux chantaient déjà dans mon carnet. Le châle d’une belle dame s’envola de ses épaules et disparut dans les eaux sombres du port. Je n’étais plus triste. Là-bas ma chambre s’enfonçait dans les entrailles de l’ennui. Je sus à ce moment que la vie serait définitivement exacte sur ce bateau sans destination. Mes yeux s’élevèrent pour rejoindre les dernières mouettes et bientôt dans le crépuscule, il n’y eu que l’horizon pour jouir du soleil.

Bruno Ruiz, 2021

Photo, Bruno Ruiz, 2021

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Classé dans Dans le désordre

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