Soir d’été sur la promenade

Sur la promenade, je m’engouffrais dans le sillage des belles dames pour garder en moi un peu de leur parfum capiteux. C’était comme un voyage dans leur robe élégante, une soûlerie se mêlant à la brise partagée. Alors les vieux réverbères s’allumaient dans un délice de lumière. Quelques chaises longues se désertaient, laissant l’ombre à son inexorable besogne. L’ennui n’était jamais de mise. Il y avait toujours quelque chose à sentir, à regarder naître et mourir.  Il y avait encore l’odeur du sable tiède dans l’alignement des tentes ; le tabac blond de quelques vieux messieurs sous les tamaris. Tout semblait appartenir au crépuscule descendant sur le phare du Cap Ferret. Voyeur insatiable, je m’effaçais déjà dans les mots, heureux d’être oublié au milieu du soir que je n’en finissais pas de contempler.

Bruno Ruiz, 2021

Photo : Collection-jfm.fr

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Classé dans Dans le désordre

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