Ouroboros

Je suis celui qui tua son ouroboros le jour-même de sa naissance. Depuis, je porte son cadavre sur mes épaules. C’est par sa mort que j’ouvre des portes et que je les referme. C’est ce meurtre qui m’enseigna le provisoire des murs. Je n’ai plus peur désormais de leurs présences. Avec mon serpent vivant je suis arrivé, avec mon serpent mort je repartirai. Car tout s’oublie dans la fente du temps et sachez que je ne dors jamais sur la même rive. J’essaie de mesurer seulement quelques traces du grand cercle le plus exactement possible. La nuit, je plonge avec mon ouroboros pantelant, riant comme l’enfant que j’étais devant les méduses de l’estran. Et chaque matin, je dois le tuer à nouveau. Je dois le tuer en détruisant l’œuvre pour la réécrire à l’ombre d’un vieux pélican silencieux.

Bruno Ruiz, 2021

Bruno Ruiz, Serpents, 2021

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Classé dans Dans le désordre

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