Saül

Parfois rien ne nous dit que nous sommes au centre. On croit avoir le temps d’explorer les périphéries. On s’attarde à savourer l’instant plus qu’il ne faudrait. Le son de sa harpe résonne avec une telle grâce à nos vieux pas. Il s’est adouci face l’implacable. Car Saül n’a jamais rencontré tout à fait David. Il avançait entre les tensions des hommes, se brouillait, se réconciliait. Aujourd’hui, il s’oublie sous la lumière froide et aveuglante de midi, s’abrite au socle de statues sans mémoire. Et nous nous regardons son éternité traverser la rue. Nous acceptons son reflet dans la vitrine. Même le meilleur des arpenteurs en serait son esclave.

Bruno Ruiz, 2021

Photo, Bruno Ruiz, 2021

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Classé dans Les infinis provisoires

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