Le secret de l’ange

Peut-être y a t-il quelqu’un là-bas, derrière le mur aveugle ? Quelqu’un qui passe devant l’églantier, qui se confond avec les senteurs du chèvrefeuille. Moi je regarde en dedans. Je ne sais pas faire autrement en ce moment. Je suis attaché au soleil de la vitre, dans une effusion de poussières. Avril pourtant ne pourra pas m’anéantir. Tant que la mésange me regardera, je resterai présent. Peu importe si je confonds un peu tous les visages. Entre le nez et les lèvres, je connais le secret de l’ange. Je me sens tellement minuscule au milieu des étoiles. Ce que j’écris n’a pas plus d’importance qu’un chapeau de paille qui tombe dans l’herbe. J’ai rendez-vous ce soir avec la musique des absents, celle qu’écoutent tous ceux qui les pleurent. Ma joie est là, au milieu de leur chœur.

Bruno Ruiz, 2020
Paul Gauguin, Le Chapeau rouge, 1886

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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