Dehors

Cette nuit j’ai rêvé d’une route perdue parmi les collines. Las d’aller quelque part, je finissais par prendre à travers champ. Mes pieds boueux s’enfonçaient joyeusement dans les molles argiles. Les paupières des haies me semblaient bienveillantes. Le lent roulis du temps évitait les effondrements du faux chemin. Tout était si calme, si paisible. Dans le lointain, j’entendais les fifres de quelques baladins. Les buissons renaissaient inexorablement dans les fossés. J’avais la tête claire des promeneurs qui ne vont nulle part. Je tournais les pages d’un livre d’air et de parfums. Je n’avais que les contraintes choisies de mes pas. Quelques frissons de rosée dans les narines. Que voulez-vous que je vous dise de plus ? J’étais dehors…

Bruno Ruiz, 2020
Peinture, Nicolas de Staël, La moisson italienne, série des Agrigente, 1953/1954

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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