Les clefs de l’invisible

Nous rendons l’âme à ceux qui restent pour regarder encore par les hublots le ciel. Nous ne sommes crédules que du temps qui passe, ce rouleau de printemps que l’on mâche au milieu de l’hiver. La tristesse est un corps immobile arrêté par l’embâcle des marins noyés. Depuis mon enfance je creuse l’azur et j’ai des bleus plein les mains. Je fais bien des efforts mais je ne disparais jamais tout à fait. Je mesure l’infini chaque jour avec une obstination maladive. Oh donnez-moi je vous en prie les clefs de l’invisible. Prenez-moi dans le bateau de votre parole. Peut-être croiserez-vous le mien. Mes cales sont pleines de silences que le commerce de mes mots n’écoulera jamais.

Bruno Ruiz, 2020
Joseph Mallord William Turner, Tempête de neige, 1842

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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