Ce temps qui passe entre les fleurs

On croit avoir le temps qui passe entre les fleurs. On reste les pieds dans l’eau à la vitrine de l’univers. On croit arrêter quelque chose, bouger la perspective de l’amour, mais on ne comprend rien aux mécanismes des machines, aux miracles complexes des métamorphoses. Fraternels des herbes folles, on doit accepter de se flétrir. Pourtant, il n’est pas de malheur insurmontable. Il n’est pas d’eau vive non plus sans risque d’inondation. Chaque instant a sa forme originelle. Elle, elle élargit mon champ de passion. J’embrasse les trottoirs de toutes nos promenades. Nos paroles se perdent parfois dans les bouquets et les vases, mais je suis toujours au premier jour de notre présence, dans la tentation d’une éternité qui se consume lentement. C’est cette nuit encore que nous nous sommes rencontrés. Nous ne vivons jamais le même jour.

Bruno Ruiz, 2020
Edouard Manet, Fleurs dans un Vase en Cristal, 1882

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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