Le mot

J’ai un mot sur la langue. Un mot qui détient le trésor du silence. Un mot ailé qui n’a jamais le vertige. Il est plus haut que les nuages. J’ai un mot patient qui connaît le prix de qui sait attendre le lieu et le moment. Chaque fois que la nuit s’empare de son ombre, il se chante dans la modulation des rêves comme une force imaginée. Peut-être en connaissez-vous un caché au fond de vous. Ne le brusquez pas. Il sort parfois pour danser dans la bouche de ceux qui vous comprennent. Puis il revient se blottir dans ce pays confiant de votre langue. J’ai un mot sur la langue mais vous n’en saurez jamais le prix. Venez le chercher. Il vous attend déjà.

Bruno Ruiz, 2020
Peinture Joan Miró, Silence, 1968

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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