Répondre au silence

Je suis assis à ma fenêtre et j’imagine la grande ville déserte. D’ici, je ne peux pas apercevoir vraiment le véritable et long réveil du monde. Son interminable banquise. À perte de vue, les plaines sont abandonnées. Les jardins fleuris. J’imagine une femme ouvrant sa main sur un vieux chemin de campagne. Elle précipite le temps dans la haie qui bruit d’oiseaux. J’espère quelque achèvement d’averses. De nouvelles images sereines. Je me confonds au jour. Me livre à l’œuvre. M’infiltre de patience. J’espère le retour d’une incandescence printanière partagée. J’essaie de répondre au silence. Je respire. Je sais désormais que je respire encore.

Bruno Ruiz, 2020
Peinture, Marcel Duchamp, Homme assis près de la fenêtre, 1907

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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