Le grand roman des hommes

Tout ce que je touche, tout ce qui me touche, qui est près de moi, si loin, trop loin, toutes ces peaux interdites, ce mouvement des corps, cette faïence des matins clairs, ces vieilles ombres somnolentes sur les bancs déserts, tout ce savoir qui s’affaire dans la ferveur des laboratoires, cet élan vers l’autre, ces nouveaux échanges qui s’inventent, ces mots anciens qui cherchent une langue nouvelle, cette langue nouvelle qui cherche un lecteur ancien, toutes ces résolutions dans la confusion, toute cette force précieuse dans nos mains qui tremblent, cet inconcevable demain dessiné dans ce présent qui nous confine, ces constructions paisibles, ces contributions possibles, ces murs qui vacillent, ces horizons qui s’ouvrent et se referment, toute cette science du cœur qui se déploie dans ces nouveaux temps, il était donc toujours là devant nous, nul ne l’avait fermé ce grand roman des hommes qui s’écrit encore avec nous à chaque seconde.

Bruno Ruiz, 2020

 

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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