Risible espérance

Je devrai me laver un jour de mes origines. Passer quelques océans en solitaire. Ne plus mépriser l’expérience du temps. Et si le soleil n’aura jamais eu raison de mes nuits regrettées, je n’aurai pas baissé la garde. Je serai resté un peu de cet enfant sur l’image jaunie, ce mot empreint d’une illusoire éternité volée aux lèvres du silence. Car on s’effondre et se relève toujours devant ses limites. Aujourd’hui, je veux boire à la santé de tout ce qui vacille. À toute cette détresse qui ne s’éloigne jamais tout à fait. À la vieille fleur mouillé sur le marbre. Il faut apprendre vaille que vaille à contourner quelque impossible. C’est la loi obscure de la risible espérance.

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz.

Il s’agit en fait d’une paréidolie captée cet après-midi sur un mur mouillé des allées Jules-Guesde à Toulouse.

Poster un commentaire

Classé dans 2020, Les infinis provisoires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s