Après vous

J’aurai gardé des hommes la chaleur ancienne de leur astre, une saison qui s’éternisait au soleil, sous les arbres embrassés. Je n’allais nulle part. Comment aurais-je pu vous rejoindre ? Vous m’aurez tout appris. La rose tombée sur le vers mesuré, l’image impossible volée au silence. Vous m’aurez arraché à la peur de l’inéluctable, apaisé de trop d’ignorance. J’aurai fleuri vos tombes dans ma tête, caressé le temps pour qu’il s’éprenne d’une illusoire éternité. Ce soir je vous dois tout. Ce chant profond et si peu entendu, cette beauté entrevue au milieu de mes deuils, toutes mes prisons offertes à vos mains bienveillantes. Vous aurez fait lumière de ma vie, un pont suspendu jusqu’à vos yeux. Aujourd’hui je le sais, je n’étais né que pour rester après vous.

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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