Moment d’égarement

Des oiseaux sont près de moi. Je suis derrière l’église, le corps barbouillé de cendre. Il va bientôt pleuvoir. À quoi ça sert de parler quand personne n’écoute ? J’irai boire un jour à la santé du silence. C’est d’un vieux charme que tombe de ses branches un testament. Mais ses mots se sont effacés. À quoi sert la rue si elle est déserte ? J’avais besoin de vous ce soir. De vos larmes et de vos rires. Mais vous êtes si loin. Je reste au milieu de mon incohérence avec les pensées scélérates de ceux qui ne se regardent que dans les miroirs. Demain je vivrai sans faute. C’est promis. J’aurai cessé d’agiter les chardons d’une sombre mélancolie sans vous. J’aurai trouvé enfin le point de délivrance.

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz

1 commentaire

Classé dans 2020, Les infinis provisoires

Une réponse à “Moment d’égarement

  1. A quoi sert la rue si elle est déserte ? Tu as toujours des questions déroutantes, mais tellement fondées !!

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