La patate chaude de l’espérance

On avance avec sa vie dans les bras comme un enfant que l’on protège contre les puissances de mort. On ne sait où l’on va, de village en village, là où habite un peu de notre chaleur animale. On n’essaie de ne pas croire aux malédictions, aux récits de ces vieux voyageurs un peu menteurs. On interroge comme on peut les métamorphoses du corps et du cœur, le consentement de l’inéluctable. Et puis on s’efface dans les ruelles, emporté par l’orage de l’âge, au milieu des preuves irréfutables du grand vide, et l’on meurt pour que notre vie ait eu un peu de sens, avant d’avoir transmis à l’autre la patate chaude de l’espérance.

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2020, Les infinis provisoires

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