La merveille du jour

Je suis debout dans la merveille du jour. Je le vois bien, tout est en train de renaître autour de moi. Tout est à la gloire du printemps, de ces bourgeons qui cherchent violemment une lumière. Je voudrais accorder ma tête à ce diapason. Sortir de ces paralysies sous les gelées blanches, de cet interminable hiver qui n’a pas encore fini son étude. J’ai reçu de lui un prix ce matin. Il est modeste et sans paillette. C’est une phrase à hauteur d’être. Une phrase d’auteur en quelque sorte. Je ne l’écrirai pas. Je veux l’offrir à la grammaire de l’inutile. Au chant qui s’inscrit dans le vieux silence du monde. Car je pèse en ce jour le poids d’un acte qui me comble. Celui de mes fantômes qui retournent à la parole humide des hommes.

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz

Poster un commentaire

Classé dans 2020, Les infinis provisoires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s