L’intérieur du monde

J’appelais à moi tout l’intérieur du monde
                    Celui du ventre de la louve et la force auditive des vents
          Dans les marais du grand sommeil J’entendais
     Le faseyement des voiles humides sur le visage des oubliés
        J’entrais dans le placenta des premières mémoires
                              La conscience sensible du crépuscule
Tout ce qui fuit dans les coursives du soir
                    Je dévorais les mots blancs dans le tabac des sables
          La fleur mauve tombante et le vol lent du goéland
J’étais le guerrier rêveur de l’automne
                     La lune entre les pins pendait de toute la nuit grise
L’interminable nuit grise des longs dimanches
                              Et je m’endormais la tête dans des houles
Devant l’immense porte des hommes           oui
Je fus ce muscle éperdu courant sur l’estran
           Pour que jamais ne s’arrête le battement
D’un verbe dérisoire au milieu du silence

Bruno Ruiz, 2020
Photo, Bruno Ruiz. C’est exactement à cet endroit, assis sur ce perré au premier plan, que j’ai écrit mes premiers poèmes. C’était en 1966. J’avais 13 ans.

 

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Classé dans 2020, Poèmes

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