Au bout du couloir

Ce qu’il y a au bout du couloir ressemble à cette tiédeur blanche mais nous, nous y demeurons dans l’ombre depuis toujours. C’est elle qui oriente les couleurs de nos choix. Elle invente une chambrée acceptable dans laquelle nous nous reposons de tous nos désirs inassouvis. Et je m’assoie près d’elle au milieu des bombes et des bouquets de roses rouges. Je sanglote entre deux éclats de rire. Je fais le vivant comme d’autres font le mort. Mais je ne m’agenouille jamais. De là où je suis, je vois passer les hirondelles. Je me sens scellé au sol mais confiant en l’azur. Ce qu’il y a au bout du couloir ne m’attend pas vraiment. C’est une présence au milieu de mon grand sommeil que je rejoindrai lorsque ma nuit s’arrêtera d’être blanche.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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