Dehors

Rien n’est immense ce matin. La pluie est sur le mur. Le théâtre est fermé. Les rêves sont maigres. Le soleil interdit. Je voudrais être ivre du désastre de ces chutes interminables mais je n’y arrive pas. Je marche dans un automne périmé. C’est une sorte d’entreprise verte qui a fermé. Une pitié d’écureuil dans les branches. Dans les serres là-bas, tout sommeille sous des lampes artificielles. Rien ne couve au Museum. Un chien hurle au loin. Je ne compte plus les coups au clocher de Saint-Exupère. Le ciel s’obstine à trouver de nouvelles ténèbres. Ça frissonne sous les laines. Les passants se précipitent vers une vie imperméable. C’est l’hiver me direz-vous. C’est normal. Mais pourquoi suis-je encore dehors par ce temps ?

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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