Chercher l’été

Là-bas un fruit tombe dans l’herbe. Un papillon respire dans l’écrasante lumière de midi. Sur le vieux mur bouillant, la pierre accueille le lézard. Et moi je suis l’ami des blés immobiles, cette suffocante patience du jour. Se peut-il qu’il existe un souffle d’air avant l’ascension de la colline ? Voyez comme je suis aveugle. J’entends des frelons dans ma tête. Du sang sèche en moi. Comme il est lourd l’été vu d’ici ! Non je ne gravirai pas le chemin. Au fond, j’attendais trop des verticales. Sous l’azur, il faut rester humble. Surtout quand l’hiver nous endort de tous ses mensonges. Je m’obstine à un rêve qui ne réchauffe pas mes pieds glacés au fond du lit. Soyez indulgent avec moi. Je faisais juste semblant d’être en juillet.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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