Noyer le thé

Mon encre est grise ce matin. Elle a du mal à prendre son envol dans la gelée royale. Y a une mouche sur la radio. Des écharpes qui s’étranglent au porte-manteau. Une vieille lavande se mélange à la chaleur des radiateurs. Je gesticule avec lenteur. Par la fenêtre passent des bus entassés. C’est un jour cruel pour les amateurs de silence. La bonne nouvelle, c’est que les cages sont glacées. Les portières gelés. Les pare-brise opaques. Les caniveaux ne servent à rien aujourd’hui. Dépêchons-nous de noyer d’eau chaude le thé avant qu’il ne soit trop tard. Cela s’appelle la rosée du matin cette dentelle à la fenêtre du jardin. Ailleurs, le matin, c’est du sang sur le sable.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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