Sourire

Il faut apprendre à sourire même si la tristesse vous étrangle. Même si ça rouille aux charnières. Il faut apprendre à sourire même à l’arbre déraciné, au geôlier un peu niais, au boulanger qui a raté son pain. Apprendre à sourire sous l’averse glacée, sous les cyprès du cimetière, face au mensonge avéré, à l’enfance triste, au vieux cheval qui part à l’abattoir. Il faut apprendre à sourire à celui qui pleure et qui s’en va, celui qui a peur d’ouvrir la porte de chez lui et celui qui a peur de la refermer derrière lui. Sourire à celui qui doute et celui qui se trompe. Sourire derrière les grilles et devant le cercueil. Sourire au mendiant et à celui qui a manqué son train. Il faut sourire à son image dans le miroir. Même si on la trouve laide. Même si elle ne sourit pas.

 

 

Bruno Ruiz, 2019

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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