Voyage

On a beau dire, ce qu’il y a de beau dans les voyages, ce sont les escales. Ces moments où l’on rencontre des paysages qu’il nous faudra quitter. Une chambre d’hôtel comme le frôlement d’une nuit douce et tiède. Un pas de danse dans le patio. Une cuiller qui tombe sur le marbre. Je ne prends jamais l’ascenseur. Je ne mesure pas grand chose. Je ne pars presque jamais. Je suis toujours quelque part entre la terre et mes semelles. Dans l’alchimie du départ et la science des retours. Regarde la chevelure orange du petit jour. Tu ne la vois pas ? Fais un effort. Ne prends pas de photo. Laisse-là venir à toi. Contemple l’invisible. Archive ce que tu peux dans ta tête. Tu n’auras jamais assez de mémoire pour tous ces parfums,tous ces dés jetés sur le hasard des cartes d’état-major. Tu n’auras que des images. Et si un jour on te demande si tu es venu en ce lieu, dis-leur que ce n’était pas tout à fait ici. Que ce n’était pas tout à fait toi. Mais que tu as bien fait d’y revenir.

 

 

Bruno Ruiz, 2019

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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