Ce que j’écris

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Ce que j’écris ne peut pas tomber. C’est un mouvement qui rêve d’être immobile. Un relief qui attend l’horizon. À la fin je ferme la porte. Je m’épingle entre le chas et l’aiguille. M’éloigne pour être au plus près. Je vis dans la parenthèse d’un regard. Entre le trou et le nouveau paysage. Je connais la patience des mots. Ce sont eux qui me l’ont appris. J’arpente un illimité sans même m’en rendre compte. C’est à la fois simple et totalement inutile. J’ai de l’encre plein les doigts. Il faut que je cherche encore ailleurs. Que je déserte cette inhabitable maison. Le ciel du matin redescendra sur le jardin. Mes yeux reviendront dans l’atelier noir. Ce que j’écris ne peut jamais redescendre tout à fait en moi.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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