Atteindre son point de renaissance

Le corps doit perdre l’équilibre pour aller où il veut. Mais s’il se déforme trop, il n’entre plus dans l’horizon. Il finit par se perdre dans la généralité de l’azur. Au milieu des indifférents, il se remplit comme une jarre de vin et de viande. Il s’immobilise dans la fatigue et l’errance, s’éloigne des harmonies humaines. Il ne voit plus l’épaisseur du monde. Sa grâce tombe dans sa graisse. Il fuit les miroirs. Il fuit des miroirs. Il lui faut reprendre le cahier des résolutions, les chemins de l’épure, les nages à contre-courant, s’en tenir à nouveau à ses propres consignes. Ce matin j’irai marcher dans mon ventre. Je quitterai le vieux quartier des haut-fourneaux de ma tête. Je descendrai jusqu’à la mer. Le vent effacera ce qui pesait sur ma langue. J’aurai atteint mon point de renaissance.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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