Apprendre le temps

Je dors quelquefois dans le ciel. Je salue des clartés. Un incroyable été en moi résiste aux démesures de ma nuit. Je sens brûler des forces souveraines. Des routes se perdent dans le labyrinthe des nuages. Je chante le matin dans des forêts d’arbousiers. Sous le jasmin se dresse un soleil contre les glaces, le siège des grisailles. Vivre en hiver est une ascèse. Je ne monte pas le chauffage. Je cherche une haleine à l’unisson du froid. Je nourris les oiseaux. Je dors quelquefois pour la seule joie d’être réveillé par la lumière tiède de la vitre. J’apprends le temps.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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