La pluie

Elle inonde la ville, la pluie. Elle descend par le col au fond de nos entrailles. Elle ruisselle comme on pleure d’ennui, s’en va je ne sais où par les égouts. Elle s’insinue entre les tuiles, se mélange aux larmes, nous endort de sa lancinante musique. Elle n’a pas d’abri, la pluie. Elle est fragile ou tenace, brume ou violence. C’est une transparence qui nous lave de son averse, de l’eau qui blesse l’immobile des flaques, accélère notre pas. On craignait sa venue, on attend maintenant qu’elle s’arrête. On se résigne à son temps humide mais on se dit que c’est bon pour la terre, l’herbe, les fleurs, les légumes. C’est un lent et long décor de dimanche qui tremble par la fenêtre. On n’ose pas vraiment se le dire mais on y pense. Elle est de cette trempe, la pluie. Elle vient de haut. La pluie, c’est la preuve du ciel.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo, Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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