Lyrique

Je somnole dans le train lyrique du monde, entre les paysages clairs de mon enfance qui défilent et la rouille des vieilles carcasses d’épaves abandonnées au sortir des villages. Parfois des animaux débonnaires m’interrogent sur ma langue. Leur regard en dit long sur l’opacité de ce que je chante. J’aime les fruits avant qu’ils mûrissent. La foule compacte des mots et la parcimonie de leur profondeur. Ecrire est un effort consenti, la recherche d’une sagesse un peu naïve. On est toujours un peu malheureux quand on aime. L’approximation m’est quelquefois un coussin moelleux. Elle contient des venins qui finissent toujours par devenir inacceptables. Oui, j’ai besoin parfois du lyrisme, cette caresse fragile et légère du poème. Je le secoue chaque jour comme un pommier sous l’avalanche de l’automne.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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