La fontaine

La parole n’est jamais tout à fait transparente. Il y a toujours une araignée qui traverse l’azur. Un accident sur la route des vacances. Un désordre qui te paralyse. Un verre qui tombe dans l’âtre. Mais si tu cherches bien parmi les braises, il y a aussi toujours un départ de feu qui te tiendra debout, une route inattendue au milieu de la jungle, une source qui ne se sera jamais tarie. C’est pour cela qu’il te faut accepter les corbeaux qui se posent sur tes silences. Ce sont eux qui te protègent, te nourrissent. Ta voix est faite pour le chant comme la roue pour la route. Derrière le visage que tu croises, tu dois entendre le sang qui bat, tranquille comme une fontaine. Et quoiqu’il arrive, tant que t’es vivant, tu ne dois jamais oublier que le sang, il vient toujours du cœur. Et qu’il y retourne.

 

 

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Bruno Ruiz

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