Entre deux rêves

Le soir des fantômes passent sur le trottoir d’en face. J’entends des serrures qui se referment derrière eux. Leurs corps se penchent dans l’ombre. Je suis à leurs charnières. Je les regarde disparaître dans la perspective des platanes. C’est un florilège passant. Ils ont parfois la beauté de quelques absents. Ma mémoire besogne malgré moi. Je ne sais au juste aujourd’hui où se niche ma joie. Elle tombe des fenêtres. C’est une vieille sagesse qui vient d’après la mort, dans la perception méditative de l’heure. Et je pense au lézard qui respire là-bas. À la rosée qui s’est réchauffée tout le jour au soleil matinal pour disparaître dans la nuit. Je suis un peu comme elle. Je sèche entre deux rêves.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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