L’astre

Je suis à toi mon astre. Pour une seule fois. Je vais sous ton habit bleu. Dans le concert de la ville, je touche des mélodies. Les oiseaux ont pris le pouvoir sur les berges. La vie est à l’ouvrage. Toi tu nous regardes de haut. Tu comptes nos ruines, les volets fermés de l’allée, les lèvres oubliées par quelques morts. Le sais-tu, je connais chaque soir toutes les ornières du parcours, les murs à hauteur d’épaules, les lustres qui s’allument. Mes pas se glissent dans la fourrure des feuilles mortes. Dans l’immense vacarme des rues, je ne m’épuise jamais. Parce que je ne suis jamais né. Parce que je t’appartiens, astre, dans l’orgue de l’automne. Tu peux descendre ici, disparaître. Je resterai toujours ton invisible, la main ouverte avant l’aplomb de mon tout petit rêve de promeneur.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Bruno Ruiz

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Classé dans 2019, Les infinis provisoires

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