Dispensables

 

Ceux qui ne t’aiment pas bavardent quelque part. Ne fais pas attention à ce qu’ils disent. Ce sont des moulins à paroles qui n’ont que moquerie entre les dents, Alonso Quijano. Laisse tomber ton aigreur et la leur dans la cuvette. Elle doit peser moins lourd que la sagesse de ton âne. Le monde est plein de bénévoles des mots. Ça pourrit les cathédrales et les mosquées. Ça s’entasse sous les stèles. Ça déborde des écrans. Avance tranquille avec ta soif aux lèvres. Le vin n’a pas besoin d’eau. Seuls les maîtres ont besoin de leurs élèves. Tu n’es pas naïf. Ta tristesse est simplement silencieuse parfois. Garde en toi les meilleurs parfums de l’habitude. Non, tu n’es pas coupable de vagabondage au milieu des hommes utiles. Ils sont comme toi ceux qui ne t’aiment pas. Juste des papillons dispensables.

Bruno Ruiz, 14 octobre 2019
Photo : Bruno Ruiz

Poster un commentaire

Classé dans 2019, Les infinis provisoires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s