Vous m’avez manqué

 

Et je reprends ma broderie là où je l’avais laissée. Rien n’a changé ou presque. Peut-être un peu la couleur des palissades. Mais le fil n’a jamais cassé. Les dessins sont presque les mêmes. Presque les mêmes comme les jours qui se suivent. Comme mes pas dans les feuilles mortes. N’y voyez là aucun ennui, aucun reproche ni au temps ni à vous, ni à moi. Il me faut simplement accepter à nouveau la texture du tissu dans l’enveloppe. Le puzzle en construction. Comme toujours, la ville ce soir se drapera de ses murmures d’automne. Il me faut dès à présent apprendre à me délecter de cette lente descente vers l’engelure hivernale. Ça n’est pas si facile. C’est comme ça. Nous chercherons la joie et nous ferons en sorte de la trouver. Je voulais vous dire que ce matin, en posant mes doigts sur mon bol de thé bouillant, je me suis seulement rendu compte combien vous m’avez manqué.

Bruno Ruiz, 13 octobre 2019
Photo : Bruno Ruiz

Poster un commentaire

Classé dans 2019, Les infinis provisoires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s