De la bouteille

La bouteille ne sera jamais vide. Il y aura toujours un violon qui traîne au coin d’une rue. Un astronaute pour entrer dans une fusée, un silence après la musique. Quelque part les lignes parallèles se rejoignent. La pluie remonte au ciel. La terre efface les morts. Il y aura toujours un temps qui ne s’arrête jamais. Une porte qui s’ouvre et qui se ferme. Il y aura toujours un visage pour sourire tant qu’il y aura des yeux pour le voir. Ce matin je me rase. Rien n’est perdu. Tout ce qui s’use disparaît lentement dans la buée du miroir. Non, la bouteille ne sera jamais vide tant que je veillerai à la remplir.

Bruno Ruiz, 2019

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