La légende du monde

Il n’y aura pas de déluge. Nous étions déjà dans l’abîme. Nous y regardions tomber les morts sans trop savoir pourquoi. On le sait depuis le commencement. Il n’y a que le temps qui extermine les hommes. Nous sommes condamnés à la contemplation des gouffres, à l’exploration des vertiges cosmiques. Et toi que le vent dérange tellement, toi qui ne parles pas, les pieds plantés dans la terre du chemin, tu sais si bien t’éloigner vers moi. C’est le paradoxe de ceux qui aiment. Tout est sans retour. Rien ne se retient vraiment. Je suis si minuscule que les insectes me font de l’ombre. Nous sommes condamnés à rester ici puisque telle est la légende du monde.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Bruno Ruiz

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