Bruno Ruiz / Mélancolie

Le temps presse et je n’ai rien fait pour les hommes aujourd’hui. Ma carcasse est humide dans l’hiver. Dimanche s’enfonce sous la terre du jardin. Je cherche le lieu d’une langue qui éclairerait le monde. Je ne vois plus l’horizon derrière les nuages disjoints. Il y a trop à entendre à la radio. Trop de livres autour de moi. Les arbres sont sourds. Je cherche en moi des parfums d’enfance qui ne montent d’aucune mémoire. Quelqu’un s’en va au loin dans la sirène d’une ambulance. Je serai debout avant l’aube pour vous écrire qu’il faut savoir atteindre le printemps. Je vous le promets.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Encre, Bruno Ruiz, 2019

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