Bruno Ruiz / Le grand poème

J’ai la bouche pleine d’encre. La mer est dans le bateau. Des passants broutent sur le trottoir. Personne ne court sous la bourrasque bleue des lumières. Il fait un temps de froid immobile et de petit soleil. Ah que vienne enfin l’éternité pour qu’elle me délivre de son dernier visage. Et toi, ferveur amère, éloigne-toi de ses grands yeux verts. Au milieu des engloutis, je chante une chanson inconnue. Je souris au surplomb des margelles. Un monde dérive dans l’or de la désespérance. Mon pauvre corps descend dans la misère. Son histoire se disloque mais je suis toujours un amant halluciné qui entre dans les cathédrales du désir. Ce matin, personne ne sait à quel point je vis sous les étoiles du grand poème.

Bruno Ruiz, 2019
Photo : Zoom sur une région de la voie lactée par le satellite Gaïa.

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