Bruno Ruiz / Bleu

Parfois le bleu du ciel est si profond que j’aperçois une part d’infini où peignent joyeusement quelques oubliés. Ils sont eux-mêmes un repentir d’un monde que j’espère encore. Des chevaux quittent leurs toiles pour jouer avec des anges. A grands coups de pinceaux et de hasard l’univers avance je ne sais où. La statue de mon père descend de son socle pour venir me raconter sa vieille guerre. Ce n’était donc pas un héros. Ce n’était qu’un homme simple qui a cherché toute sa vie à ne pas se tromper. Il faut apprendre à rire du tragique. Il faut en finir avec la haine mémorable. Parfois le bleu du ciel est si profond que je m’y endors vers une nuit sereine. Un néant mérité dans lequel enfin je serais définitivement invisible.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : peinture Monochrome bleu sans titre, Yves Klein (1928-1962)

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Classé dans Dans le désordre

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