Bruno Ruiz / La soif d’éternités

Je n’en finis pas de vous voir et d’essayer de vous comprendre. Je cherche votre paradis pour me perdre dans vos orangeraies. Vous êtes comme moi pétris d’aubes et de larmes. Vous êtes un marque-page dans un livre aimé, une chanson qui me revient dans un embouteillage. Vous êtes de ce ventre du monde où grouillent et bouillonnent vos essais de bonheurs, vos luttes en secret. Vous m’aidez à me tenir debout dans la triste et longue plaine des indifférents. Il m’aura fallu sauter combien de murs pour qu’un seul s’effondre entre nous ? Le jour se dessine avec des mots obscurs, des étoiles sur la toile. Je ne vis vraiment que là où l’homme a soif d’éternités.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : peinture de Gustav Klimt Ferme en Haute-Autriche (1911-1912), huile sur toile (110 × 110 cm).

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