Bruno Ruiz / Métaphysique du décor

Le matin, j’entre en moi comme dans une vieille ville du sud qui sent l’ananas et le gingembre. On nettoie à grande eau les ruelles commerçantes. Il y a dans l’azur des lumières d’enfance. Des écoliers comme des lézards aux pieds des façades. Une jeune fille jouant au cerceau. On sait que le désert est là tout près. La mer aussi. Avec ses rêves de voyages, ses aventures de corsaires et ses trésors enfouis. On voudrait que le temps s’arrête à jamais dans le décor. On est un livre. Un tableau de Chirico. On rêve de mort et d’immobile à l’heure de la sieste. Nous habitons dans l’ombre des roulottes.

Bruno Ruiz, 2018
Peinture : Giorgio de Chirico, Mystère et mélancolie d’une rue, 1914

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