Bruno Ruiz / L’invisible penché

Lorsque viendra la grande dispersion des lumières, l’envol des derniers oiseaux blessés dans l’interminable azur. Lorsque les miroirs auront rejoint les vents des cimes, le sourire d’un enfant sorcier entre les torches du crépuscule. Lorsque tout sera consommé de l’espérance des pauvres, la gloire des soldats oubliés dans les boues de l’inacceptable. Lorsque le charpentier aura cloué son dernier toit, la légende imbécile tombée du livre des morts, je vous reconnaîtrai à cette nuit famillière sur vos visages, mais je ne vous aurai jamais attendu. J’avais épousé seulement ce monde en secret pour n’être qu’une part intime de l’invisible penché.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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