Bruno Ruiz / Solitaire et silencieux

Quelque chose s’éveille. Des genoux se relèvent. Une herbe folle tremble dans l’hiver. D’inespérés oiseaux reviennent se poser sur les épaules des hommes. On chante quelque  part de nouveaux hymnes sans lyrisme. On ne veut plus de la vieille huile du monde. On veut être au centre d’un astre partagé. On élit des impatiences. On accepte l’haleine des foules. La violence n’est qu’un feu de broussaille, une parole trop longtemps contenue qui cherche des oreilles. La rue se déshabille d’anciens drapeaux. Un vent nouveau et sauvage souffle dans la chevelure des rues. Je la caresse, solitaire et silencieux.

Bruno Ruiz, 2018
Peinture : L’homme-foule de Raymond Moretti (1935/2005)

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