Bruno Ruiz / Onde rouge

La mort et l’espérance s’accrochent en moi comme les ronces dans la haie. Je me blesse à des épines radieuses, à des larmes riantes. Il y a une odeur de caoutchouc brûlé dans l’air, un bûcher qui ne veut pas s’éteindre. Je suis un vieux sourd qui s’est trop longtemps contenté du silence. Depuis toujours les cœurs sont dans les ventres. Je suis rempli de blessures et d’élans. Je tremble d’un avenir qui se réchauffe les mains. Il est l’heure des possibles, du retour des hirondelles, de la guérison des amnésiques. Mais je le sais : il n’y a jamais eu de triomphe. Il n’y a qu’un paysage rouge sang qui se dessine lentement dans l’aube.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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