Bruno Ruiz / Un balcon sur la rue

Nous n’aurons jamais cessé d’être nous-mêmes. Nous nous serons tus peut-être un peu trop, laissant glisser l’inacceptable sur l’onde des jours, mais nous n’aurons jamais oublié l’endroit d’où nous venions. Il faut se rendre à l’évidence devant l’incessante phrase qui avance. Elle vient d’en bas, des entrailles de la mémoire humaine. ô ma langue ! Porte-là dans ses intimes traverses ! Qu’elle tisse notre rêve sur ce monde calciné. Qu’elle soit l’issue d’une longue attente. J’ouvre un balcon sur la rue pour qu’elle nous contienne ensemble. Vous ne m’entendez pas mais j’accompagne l’attente de nos pas.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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