Bruno Ruiz / La maladie du temps

On s’installe parfois dans un rêve devenu vieux. L’enfance prend des rides. On écoute battre les portes sur le front de mer. Des enfants s’en vont sous la pluie par quelques rues désertes. Le temps passe sur le pavé luisant. On serre les poings dans le froid. Rien ne nous calme. On est seul, haché par la tristesse. On a apprivoisé le silence de ces longs dimanches après la messe. On tombe d’une mémoire comme un vomissement d’avant la vie. Les vieux chaluts sortent au loin par des passes de brumes. On est ailleurs ici même. On reste de n’être jamais vraiment parti. On ne guérit pas de la maladie du temps. On n’est jamais qu’en rémission.

Bruno Ruiz, 2018

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