Bruno Ruiz / Mon tour d’y voir

Il pleut. Le ciel gris descend sur la ville. Par la vitre la rue devient floue. Un bruit lancinant d’automne. Il y a dans l’ombre tranquille du bureau une vieille odeur de cire. Je la connais bien. C’est elle qui me rassure. Me protège. C’est mon tour d’y voir. C’est d’ici que je contemple le monde à défaut de le changer. Les actes sont comme les poèmes. Les poèmes sont comme des actes. Ils éternisent le monde. Ils mesurent notre démesure. Ils terrassent des coins d’azur. Ils ouvrent des fenêtres aux abeilles pour le long hiver qui approche. La mort n’aura jamais raison de nous. Je le décide.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

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