Bruno Ruiz / Je vais toujours ici

Je vais toujours ici et il me faut parfois mesurer le parcours. L’impression varie selon l’humeur du métreur. Les poètes se relient dans les litanies de leurs poèmes, les autres se souviennent de l’alphabet de leurs actes. Ce sont parfois les mêmes. Il y aura toujours des berceaux de vieillards, un chant des muets, des téléphones sans voix. L’éternité semble plus large que longue. Qui nous dira le nombre de chemins possibles dans un désert ? Ce que tu donnes est toujours avant ta main. Il faudrait être à la fin comme au commencement. Vivre une vie nulle en quelque sorte. Mais il y aura toujours entre nous et l’autre l’histoire de la peine et de la joie, comme un vieux tableau qui s’efface sous quelques gouttières. Je vais toujours ici. C’est le seul endroit vraiment supportable. Et je ne le quitterais pour rien au monde.

Bruno Ruiz, 2018
Photo : Bruno Ruiz

Poster un commentaire

Classé dans Dans le désordre

Les commentaires sont fermés.