Bruno Ruiz / Les chevaux

J’entends le rire des chevaux. Ils vont dans l’allure des prairies, dans le message capital de l’automne. Ils se racontent des courses vertes et libres. Ils sont sans cavalière, une part du mouvement de l’herbe, du muscle sauvage des vivants, un mufle fervent sur une seule trajectoire. Je les regarde défier l’immobile, mélanger les molécules de l’aube, s’engloutir dans d’improbables horizons. J’entends leur soif. Ils cherchent à sortir de ma tête mais je les retiens de toute la vie qui me reste, de toute la justification de mes ruines. Je les entends. Ils se moquent de moi. C’est pour cela que je les aime.

Bruno Ruiz, 2018

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